EXTRAITS DU JOURNAL DE  ROERICH

En parlant d'Issa, Roerich cite des légendes qui remontent, estime-t-on, à plusieurs siècles.

...Il a passé son temps dans plusieurs anciennes villes de l'Inde telles que Bénarès. Tous l'aimaient parce qu'Issa était en paix avec les vaishas et les shudras auxquels il enseignait et qu'il aidait. Mais les brahmanes et les kshatriyas lui dirent que Brahma interdisait à ceux-là d'approcher ceux qui avaient été créés hors de son ventre et de ses pieds. Les vaishas avaient la permission d'écouter les Védas seulement les jours de fêtes et les shudras n'avaient non seulement pas le droit d'être présents à la lecture des Védas, mais ils ne pouvaient même pas les regarder.

Issa disait que l'homme avait rempli le temple de ses abominations. Afin d'honorer des métaux et à des pierres, l'homme a sacrifié ses semblables en qui habite une étincelle de l'Esprit Suprême. L'homme avilit ceux qui travaillent à la sueur de leur front, afin de s'attirer la faveur du minable qui siège dans une pension somptueuse. Mais ceux qui privent leurs frères de la bénédiction commune en seront eux-mêmes dépouillés.

Les vaishas et les shudras étaient frappés d'étonnement et demandaient ce qu'ils pouvaient faire. Issa leur priait de «ne pas adorer les idoles. Ne vous considérez pas en premier. N'humiliez pas votre prochain. Aidez les pauvres. Soutenez les faibles. Ne faites de mal à personne. Ne convoitez pas ce que vous ne possédez pas et ce qui est possédé par d'autres.»

Beaucoup, en apprenant ces mots, décidèrent de tuer Issa. Mais, prévenu, Issa quitta cet endroit`durant la nuit.

Après cela, Issa alla au Népal et dans les monts Himalayas ....

«Eh bien, fais-nous un miracle», demandèrent les serviteurs du Temple. Alors, Issa leur répondit: «Les miracles ont fait leur apparition dès le jour même où le monde fut créé. Celui qui ne peut les voir est privé du plus grand cadeau de la vie. Mais, malheur à vous, ennemis des hommes, malheur à vous, si vous attendez qu'Il manifeste son pouvoir par un miracle.»

Issa enseignait que les hommes ne devaient pas s'efforcer de contempler l'Esprit Éternel avec leurs propres yeux, mais de le sentir avec le cœur et de devenir une âme pure et digne...

«Non seulement vous ne ferez pas d'offrandes humaines, mais vous ne devez pas tuer les animaux, parce que tout est donné à l'usage de l'homme. Ne volez pas les biens d'autrui, car ce serait usurper sur celui qui vous est proche. Ne trichez pas afin de ne pas être triché à votre tour.»...

«Prenez garde, vous qui emplissez les gens de superstitions et de préjugés, qui aveuglez la vision de ceux qui voient et qui prêchez la servilité envers les choses matérielles.»...

Ensuite, Pilate, le gouverneur de Jérusalem, ordonna que l'on mît la main sur le prêcheur Issa et qu'on le livrât aux juges, sans toutefois provoquer le mécontentement des gens.

Mais Issa enseignait: «Ne cherchez pas les sentiers droits dans l'obscurité, possédés par la peur. Mais ammassez de la force et supportez-vous les uns les autres. Celui qui supporte son voisin se renforcit lui-même.

«J'ai essayé de raviver les lois de Moïse dans les cœurs des gens. Et je vous dis que vous ne comprenez pas leur véritable signification parce qu'elles n'enseignent pas la vengeance, mais le pardon. Mais la signification de ces lois est déformée.»

Ensuite, le gouverneur envoya à Issa ses serviteurs déguisés afin qu'ils surveillassent ses actions et lui fassent rapport de ses paroles dites au peuple.

«Toi, l'homme juste,» dit le serviteur déguisé qui s'approcha d'Issa, «enseigne-nous: devrions-nous accomplir la volonté de César ou attendre la délivrance qui est proche?»

Mais, Issa, reconnaissant les serviteurs déguisés, dit: «Je ne vous ai pas annoncé que vous seriez délivrés de César, mais j'ai dit que l'âme plongée dans le péché serait délivrée du péché.»

À ce moment, une vieille femme s'approcha de la foule, mais fut repoussée. Alors, Issa dit: «Ayez de la révérence pour la Femme, mère de l'univers; en elle se trouve la clé de la création. Elle est le fondement de tout ce qui est bon et beau. Elle est la source de la vie et de la mort. Sur elle repose l'existence de l'homme, parce qu'elle est la nourriture de son labeur. Elle vous donne naissance dans la douleur, elle surveille votre croissance. Bénissez-la. Honorez-la. Défendez-la. Aimez vos épouses et honorez-les, car demain elles seront des mères, et plus tard, les procréatices de la race entière. Leur amour ennoblit l'homme, apaise le cœur aigri et apprivoise la bête. Épouse et mère – elles sont les parures de l'univers.»

«Tout comme la lumière se sépare elle-même des ténèbres, ainsi la femme possède-t-elle le don de diviser dans l'homme l'intention droite de la pensée mauvaise. Vos meilleurs pensées doivent appartenir à la femme. Prenez d'elles votre force morale, que vous devez posséder pour supporter vos proches. Ne l'humiliez pas, car en cela vous vous humilierez vous-même. Et tout ce que vous ferez à une mère, une épouse, une veuve ou à une autre femme en peine – cela, vous le ferez aussi pour l'Esprit.»

Ainsi enseignait Issa; mais le gouverneur Pilate ordonna à ses serviteurs de porter accusation contre lui.

Issa disait: «Il n'est pas loin le temps où, par la plus Haute Volonté, les gens seront purifiés et unis en une seule famille.»

Et se tournant ensuite vers le gouverneur, il dit: «Pourquoi déshonorer ta dignité et enseigner à tes subordonnés de vivre dans la supercherie quand, sans même tout cela, tu avais les moyens d'accuser un innocent?»

D'une autre version de la légende, Roerich cite des fragments de pensée et l'évidence du miraculeux.

Près de Lhassa se trouvait un temple d'enseignement avec une grande quantité de manuscrits. Jésus allait en prendre connaissance. Meng-ste, un grand sage de tout l'Orient, était dans ce temple.

Finalement, Jésus atteignit un col de montagne et, dans la ville principale de Ladak, Leh, il fut accepté joyeusement par les moines et les gens des basses classes .... Et Jésus enseignait dans les monastères et les bazars (les places du marché); là où les gens simples se réunissaient – là il enseignait.

Près de cet endroit vivait une femme dont le fils était mort et elle l'amena à Jésus. Et en présence d'une foule, Jésus posa sa main sur l'enfant, et l'enfant se leva guéri. Et beaucoup amenèrent leurs enfants et Jésus posait ses mains sur eux et les guérissait.

Jésus passa plusieurs jours parmi les ladakhiens à leur enseigner. Et ils l'aimaient, de sorte que lorsqu'arriva le moment de son départ, ils furent chagrinés comme des enfants.


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